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REPRINT PAR LES ÉDITIONS MAÇONNIQUES © 2018
Contenu identique à l’original de 1910
Collection privée du Père BENOÎT 
MISE EN PAGE PAR JOSEPH CASTELLI
« Synthèse de Robert AMADOU »
 Source : L’Autre Monde » juillet – aout 1985
Ce livre plus que rarissime et très recherché constitue le prin­cipal de la présente étude :
Le Congrès spiritualiste de Juin 1908, sous la présidence du Docteur Papus. Compte rendu complet des travaux du Con­grès et du Convent maçonnique spiritualiste. Spiritualisme, Christianisme ésotérique, Ma­gnétisme et Sciences annexes, Maçonnerie spiritualiste.
Quoique cet ouvrage ait été édité en 1910, par la « LIBRAIRIE HERMÉTIQUE », 4, rue de Fürstenberg, à PARIS (Imprimé par Renaudie, 18, rue de Sèvres), réédité ensuite par « PUBLICTIONS DE PSYCHISME EXPÉRIMENTAL, Henri DURVILLE Fils, Éditeur, 80 Boulevard de Strasbourg, Paris 10ème.  
Les exemplaires de cet ouvrage, sans doute très peu nombreux, en ont presque tous disparu.
Marie-France JAMES, qui ne comprend guère mais ex­plique bien et sait trouver des textes, n'a pu consulter le do­cument rare et rendu pratique­ment inaccessible par le fait que son tirage a été limité aux sous­cripteurs. Et de s'affliger, avec tant d'autres.
À notre connaissance, en effet, aucun exem­plaire dans aucune bibliothèque publique, et seulement deux exemplaires détenus par deux collectionneurs particuliers. Maint étudiant m'a sollicité de rendre de nouveau accessible cette mine d'information. Voici donc le fameux compte rendu. Outre sa rareté, l'intérêt histori­que qu'il présente justifie aussi, et surtout cette remise au jour.
Voici donc ; voici, au juste, le compte rendu particulier du Convent Maçonnique Spiritualiste, dont le titre exact est : Convent Maçonnique des Rites Spiritualistes. Ce Convent était concomitant du Congrès Spiritualiste, et le livre se divise en trois parties : la première partie contient le résumé des travaux du Comité d'organisation pro­visoire ; la seconde comprend les diverses communications faites au Congrès spiritualiste ainsi que le procès-verbal du Convent Maçonnique ; enfin, la troisième se compose des prin­cipaux articles publiés par la grande presse sur les différents travaux des congressistes spiri­tualistes.

CONGRES SPIRITUALISTE DE JUIN 1908


LE CONGRES SPIRITUALISTE DE JUIN 1908
Synthèse de Robert AMADOU – 1985

Mise en page de ce document, d’après les textes originaux par 
le S:.G:.M:.M:. 99° Joseph CASTELLI – 2018

Un document rarissime et très recherché constitue le prin­cipal de la présente étude :
Congrès spiritualiste de Juin 1908, sous la présidence du Docteur Papus. Compte rendu complet des travaux du Con­grès et du Convent maçonnique spiritualiste. Spiritualisme, Christianisme ésotérique, Ma­gnétisme et Sciences annexes, Maçonnerie spiritualiste.
Quoique cet ouvrage ait été édité en 1910, par la « LIBRAIRIE HERMÉTIQUE », 4, rue de Fürstenberg, à PARIS (Imprimé par Renaudie, 18, rue de Sèvres), les exemplaires, sans doute peu nombreux, en ont presque tous disparu. Marie-France JAMES, qui ne comprend guère mais ex­plique bien et sait trouver des textes, n'a pu consulter le « do­cument rare et rendu pratique­ment inaccessible par le fait que son tirage a été limité aux sous­cripteurs » (1). Et de s'affliger, avec tant d'autres. À notre connaissance, en effet, aucun exem­plaire dans aucune bibliothèque publique, et seulement deux exemplaires détenus par deux collectionneurs particuliers. Maint étudiant m'a sollicité de rendre de nouveau accessible cette mine d'information. Voici donc le fameux compte rendu. Outre sa rareté, l'intérêt histori­que qu'il présente justifie aussi, et surtout cette remise au jour.
Voici donc ; voici, au juste, le compte rendu particulier du Convent maçonnique spiritualiste, dont le titre exact est : Convent maçonnique des rites spiritualistes. Ce convent était concomitant du Congrès spiritualiste, et le livre se divise en trois parties : la première partie contient le résumé des travaux du Comité d'organisation pro­visoire ; la seconde comprend les diverses communications faites au Congrès spiritualiste ainsi que le procès-verbal du Convent Maçonnique ; enfin, la troisième se compose des prin­cipaux articles publiés par la grande presse sur les différents travaux des congressistes spiri­tualistes. Pour aujourd'hui, il s'agira donc du Convent Maçonnique. (2).
Un Congrès spiritualiste avait eu lieu en 1889 (3) ; un Congrès spirite et spiritualiste international, à Paris, en 1900 (4). Or, en mai 1907, le Voile d'Isis, directeur Papus, ré­dacteur en chef Etienne BELLOT, annonce que ses deux responsa­bles, qui se sont adjoint Paul Marchand, préparent la première session d'un Congrès de l'occultisme. 
La réunion se tien­dra les 9, 10 et 11 du même mois, en l'hôtel des Sociétés sa­vantes, rue Danton. Le compte rendu officiel parait dans « Le Voile d'Isis » de juin et il inclut la liste des membres de la com­mission chargée de préparer la seconde session du Congrès de l'occultisme, pour la première quinzaine d'octobre. Est-il téméraire de supposer que le Congrès spiritualiste de 1908 réalisera, sous une forme modi­fiée, ce projet-là ?
Première circulaire, publiée dans « Le Voile d'Isis », de janvier 1908 :

LE CONGRES SPIRITUALISTE
Première année

  • L’Initiation (20ème année) mensuelle.
  • Le Voile d'Isis (11ème année) mensuel.
  • Hiram (mensuel).
Ces publications, aidées de l'ex­cellent Journal du Magnétisme, vont entreprendre l'organisation d'un Congrès spiritualiste en juin 1908.
Pantacle de l'Ordre martiniste fondé par Papus.
C'est notre jeune confrère CHACORNAC qui sera chargé de toute la partie administrative de ce Congrès avec le Voile d'Isis comme organe officiel. Un Convent maçonnique des Rites spiritualistes sera orga­nisé à la même époque par l'Ordre Martiniste sous la direction de notre Frère TEDER, 33°. Si nous pou­vons ne pas voir se réaliser les mauvais clichés sociaux qui flottent dans l'astral depuis si longtemps, nous espérons obtenir un gros suc­cès avec ce Congrès.
Inutile de dire que nous accepte­rons avec plaisir l'aide de tous nos confrères de la Presse spiritualiste.
PAPUS (5).

De la deuxième circulaire, dans « Le Voile d'Isis », de février, ces li­gnes concernent la section maçon­nique :
Enfin, il est urgent que les Français rattachés aux formations maçonniques soient mis à même d'établir un parallèle avec la vérita­ble franc-maçonnerie traditionnelle et spiritualiste et les extraits d'igno­rance et d'erreurs qu'on débite en France sous couleur maçonnique.
Aussi, sans tenir compte des injures ni des prétentions à la régularité exclusive de ceux qui ne seraient reçus dans aucune loge sérieuse de l'Étranger, allons-nous organiser un Convent des Rites Spiritualistes dont les loges proclament en tête de leurs Pl:. Le Grand Arch:.de l'Un:.. Notre F:.D. (sic) TEDER, 33° aura la haute direction de cette importante section.
Des tenues blanches alternant avec les tenues réservées permet­tront à tous nos adhérents d'assis­ter aux fêtes maçonniques données à cette occasion.
Pour terminer l'organisation préliminaire, rappelons la nécessité d'une entente commerciale entre les divers éditeurs s'occupant de publi­cations occultistes, magnétiques et spirites. Une Section de Propa­gande sera établie pour rechercher les bases possibles d'une telle en­tente.
Dès maintenant « Le Voile d'Isis » va centraliser, sous la direction du jeune Chacornac, toute la partie administrative du futur Congrès. L'Initiation va présider au grou­pement des Écoles Occultistes.
Le Journal du Magnétisme va s'occuper de la Section Magnétique du Congrès, sous la direction de Durville.
La Revue Hiram organisera le Convent Maçonnique en faisant appel aux Suprêmes Conseils amis et aux autres à l'occasion.
Enfin, nous ferons d'ici un mois les démarches en vue de l'appui d'un ou de plusieurs journaux spiri­tes.
S'ensuit, dans le volume qui a re­pris à peu près le texte précédent, la COMPOSITION DU COMITE D'ORGANISATION PROVISOIRE :
Président : M. le Docteur Papus.
Membres :  MM. BEAUDELOT, docteur BIAGINI, Charles BLANCHARD, BON­NET, H. BROUILLOUX, F. DACE, DESJOBERT, Ch. DUBOURG, DURVILLE Fils, FAUGERON, GENTY, R. GUÉNON, Etienne GARIN, Albert JOUNET, MERLE, Albert et Léon NOÊL, PHANEG, Schmid, TEDER et THOMAS.
Secrétaire : M. Victor BLANCHARD.
Secrétaire Adjoint : M. Paul VEUX.
Trésorier : CHACORNAC.
En juin, « Le Voile d'Isis » affiche le programme et, en août, entreprend de publier quelques-unes des com­munications faites au Congrès Spi­ritualiste proprement dit.
En juillet, cependant, le même journal aura salué le succès du congrès et mis en souscription, au prix de 5 Francs, le vo­lume imprimé des actes, 200 pages environ, avec la photographie des principaux occultistes.
(L'Initia­tion de juin avait déjà lancé l'idée).
En août aussi, le Voile fournit la composition du Comité inter­national d'action spiritualiste que le congrès, avant de se clore, a constitué : BEAUDELOT, BLANCHARD, BOSC, CHACORNAC, Camille CHAIGNEAU, commandant DARGET, DACE, Gabriel DELANNE, Léon DENIS, DURVILLE, Mme d'ORINO, DUBOURG, Mme Camille FLAMMARION, Albert JOUNET, LEYMARIE, commandant MANTIN, PAPUS, PHANEG, SYNÉSIUS, TEDER, VEUX.
Cette liste méritait d'être, ainsi que dessus, reproduite telle quelle, car le volume des actes ne la reprendra pas.
Ce volume, au demeurant, « Le Voile d'Isis » en réitère la souscrip­tion en septembre et, en novembre, le déclare sous presse. Puis c'est le silence.
Le livre ne sortira pas avant l'année 1910, et ce ne sera pas chez Lucien CHARNUE ! Contrai­rement à l'attente.
Une fois de plus, le bon CHAMUEL fut défaillant : il n'avait rien d'un négociant, le malheur est que, par amour des li­vres, de l'occultisme et des occultis­tes, il avait ouvert boutique de librairie et d'édition. « Vient de paraître » annonce l'Initiation de décembre 1909.
Ouvrons au chapitre de notre ac­tuelle compétence : « Travaux du Convent Maçonnique des Rites spi­ritualistes. 

CONVENT MAÇONNIQUE DES RITES SPIRITUALISTES
PUISSANCES MAÇONNIQUES ET ORDRES AFFILIES
 REPRESENTES AU CONVENT MAÇONNIQUE

Il ne nous est pas possible, afin d'éviter les indiscrétions, d'entrer dans trop de détails sur la composi­tion du Convent.
Au premier appel des organisa­teurs, 17 puissances maçonniques et 3 ordres affiliés avaient répondu en envoyant des délégations spécia­les.
La revue Hiram en a donné la liste que voici : 
  1. Le Grand-Orient et Souverain Sanctuaire 33° de l'Empire d'Alle­magne
  2. Maçonnerie Arabe « Les Fils d'Ismaël »
  3. Le Suprême Conseil Universel de la Maçonne­rie Mixte
  4. La Grande Loge Symbolique Espagnole (Rite Na­tional Espagnol)
  5. Le Souverain Grand Conseil National Ibérique
  6. Le Rite Ancien et Primitif de la Maçonnerie (Angleterre et Irlan­de)
  7. La Grande Loge Swedenborgienne d'Angleterre
  8. La Grande Délégation portugaise du Rite National Espagnol
  9. La Grande Loge du Cap-Vert
  10. Le Rite Bleu de la République Argen­tine 
  11. La Grande Loge des Maçons Anciens et Acceptés de l'État de l’Ohio 
  12. La Grande Loge Saint-Jean des Francs-Maçons Anciens et Acceptés de l'État de Massachusetts
  13. La Grande Loge provinciale d'Allemagne du Rite Swedenborgien
  14. La Grande Loge Swedenborgienne de France
  15. Le Suprême Conseil 33° du Mexique 
  16. Le Suprême Conseil de l'Ordre Maçonnique Oriental de Misraïm et d'Égypte pour l'Italie 
  17. L'Ordre des Illu­minés d’Allemagne 
  18. L'Ordre des Rose-Croix ésotériques 
  19. L'Ordre Martiniste 
  20. L'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix
DISCOURS DU DOCTEUR PAPUS 33', 90° 96°
Président du Suprême Conseil de l'Ordre Martiniste, Délégué Général del'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix ; etc.
T:.Ill:.F:., T:.Ch:.S:.et T:.C:.F:.,
Mesdames, Messieurs,
La réunion de ce soir - quelque modeste que soit son cadre, comparé aux Temples maçonni­ques de l'Étranger – a cependant une importance considérable.
La Franc-Maçonnerie vraie est une science adaptable à des actions sociales.
Sans l'intégralité de son symbo­lisme, sans la connaissance des enseignements patents ou secrets is­sus de ce symbolisme, la Franc-Maçonnerie perd tous ses moyens d'action.
Or, les Obédiences Maçonniques fonctionnant en France ont volontairement détruit tout ou partie de l'enseignement symbolique et des clefs réelles de la Franc-Maçonnerie.
Il suit de là que, malgré leur or­gueil et leurs tendances à traiter d'irréguliers et de faux frères tous ceux qui sont encore rattachés au symbolisme traditionnel, ces obé­diences n'ont plus de maçonnique que le nom et les formes les plus rudimentaires. Ce sont des clubs poli­tiques, des réunions d'assistés com­prenant quelques rares assistants. Et la charité matérielle, la protec­tion forcée et la recherche d'in­fluences politiques sont les grands mobiles secrets de ces clubs à forme maçonnique.
On sait tellement tout cela, on sait tellement le danger de la vérité et de la lumière, qu'on fuit toutes les recherches historiques, toutes les documentations sincères, et on accable d'injures, on excommunie tous ceux qui veulent que la Lumière Maçonnique soit autre chose qu'une flamme de lycopode.
Aussi nous vous avons con­viés nos TT:.Ill:.FF:. venus de tous les points du globe, afin de rallu­mer les flambeaux éteints à la lu­mière du flambeau de l'espéran­ce encore debout.
Initiés pour la plupart aux Cen­tres hermétiques en correspondance avec les fraternités de la Rose-Croix, vous êtes les descendants et les dépositaires de ce sens hermétique qui, seul, permet la compréhen­sion et l'adaptation de la Science maçonnique. C'est pourquoi je suis persuadé qu'en dépit des attaques haineuses, en dépit des injures et des excommunications qui ne nous atteignent pas plus que l'index pa­pal, notre réunion aura par la suite une importance considérable.
Les historiens futurs de la Franc-Maçonnerie seront obligés de reconnaitre qu'à un moment donné ­Jans cette France qui semblait perdue à jamais pour l'enseignement symbolique – une réunion d'hom­mes venus de partout, représentant les Obédiences maçonniques où la Science traditionnelle est encore in­tégralement conservée, a voulu ré­véler la vérité, montrer les fausses origines de ceux qui veulent oppri­mer et rétablir enfin la lumière de l'étoile flamboyante.
Je ne saurais trop remercier devant vous notre Ill:. F:. et ami TEDER qui s'est attelé à la tâche ar­due de la révision historique. Considérez-le bien, mes FF:., regardez-moi aussi, et assurez-vous que nous sommes deux êtres diffé­rents tant par l'aspect extérieur que par les conceptions intellectuelles. Cela vous permettra par la suite quelques bons moments de gaieté lorsque vous verrez les puffistes, in­capables de réfuter les arguments historiques irréfutables, qui prétendent que nous ne formons qu'un seul et même individu.
Mais la cha­rité fraternelle doit dominer toutes les querelles de personnes et nous devons être charitables pour les ignorants, pour les demi-savants de la Maçonnerie que le temps et le travail suffiront à éclairer – même lorsque bannis de l'univers entier, considérés par leur étalage d'athéisme comme moins que des hommes, ils se drapent dans les quelques bribes de symbolisme en­fantin échappées aux massacres pour se croire plus réguliers que les millions de maçons répandus dans tout le reste de l'univers.
Une petite étincelle suffit à allu­mer un grand feu. Cette étincelle ­nous l'espérons – commencera son œuvre ce soir.
L'antique barque d'Isis, Paris, devait devenir le centre d'un renou­vellement de la Science maçonni­que, en dehors de tout sectarisme, en dehors de toute politique, en de­hors de toute ambition personnelle.
Cette œuvre, nous l'entrepre­nons aujourd'hui, appuyés par nos amis de France, d'Angleterre et d'Irlande, d'Allemagne, de Suède, de Bohème, de Suisse, d'Italie, d'Espagne, du Portugal, de Grèce, de Turquie, d'Égypte, du Cap Vert, de la République Argentine, du Brésil, du Mexique et des Etats-Unis d'Amérique.
Nous espérons arriver lentement mais sûrement à la constitution de la Fédération des Suprêmes Con­seils et des Grandes Loges de l'Uni­vers, à la constitution d'un vérita­ble Secrétariat International de la Science Maçonnique.
Pour cette œuvre, les hommes ne comptent pas. Que nous disparaissions de­main, l'élan est donné, l'œuvre continuera. Et c'est la sensation de notre force qui nous rend patients.
C'est la connaissance de cette loi qui permit à Hiram de rétablir l'or­dre hiérarchique du, quaternaire dans le chaos anarchique du cercle sans point.
C'est la connaissance de cette loi et de ses adaptations au camp mystérieux du 32e qui nous permet de poursuivre notre œuvre avec le calme nécessaire sans nous inquiéter des misérables questions matérielles non plus que de la quantité de nos membres.
La qualité nous suffit. Mais il est temps de poursuivre nos travaux. Je laisse la parole à notre F:. TÉDER et je vous remercie encore d'être venus en si grand nombre assister à la pose de la première pierre de- ce nouvel édifice maçonnique auquel la femme parti­cipera au même titre que l'homme.
Le F:.PAPUS passa ensuite le maillet au F:.TEDER.
Ce dernier, prenant alors la pa­role, nous donna la Conférence que nous publions plus loin in-extenso.
Le succès du conférencier fut grand, comme bien on pense, car l'auditoire était de ceux qui, en dé­pit des divergences d'opinions, sa­vent reconnaître – comme disait le F:.THIERS – qu'il n'y a rien de plus condamnable, lorsqu'on s'est pro­mis de dire aux hommes la vérité sur les grands évènements de l'His­toire, que de la déguiser par fai­blesse, de l'altérer par passion, de la supposer par paresse et de mentir sciemment ou non à son siècle et aux siècles à venir.
Beaucoup comprirent l'intention des révélations qui furent faites au sujet du Grand-Orient de France, et aucun contradicteur ne se présenta, bien que quelques membres du GrO\ fussent présents.
À la demande des FF:. TÉDER et PIRON, la S:. A. GÉDALGE, 18° voulut bien donner quelques rensei­gnements relatifs à l'Ordre Mixte du « Droit Humain ». 
Elle fit comprendre, comme on le verra plus loin, que le « Droit Hu­main » n'est pas un Rite Spiritua­liste, mais une réunion d'esprits éclectiques et libres, fortement re­liés par une morille unique et par quelques grandes idées communes : recherche de la vérité, pratique de la Fraternité universelle, de la Jus­tice, conviction absolue de l'Egalite des êtres humains, à quelque sexe, race ou croyance qu'ils appartien­nent. 
Elle insista fortement sur le principe mixte, donnant l'équilibre humain, et sur la pratique de la Li­berté de penser, absolument néces­saire pour permettre de faire tra­vailler d'un commun accord au Bien et à la Justice, le Matérialiste et le Spiritualiste, l'Athée, le Croyant ou le simple Étudiant des Mystères de la Nature.
Et elle ter­mina en disant quelle reconnaissance les membres de l'Ordre Mixte éprouvaient pour ses fondateurs et tout particulièrement pour la regrettée S:. Maria DERAISME et le T:.Ill:. F:. Docteur Georges MARTIN.
La péroraison de notre sympa­thique et vaillante S:. fut saluée d'une salve d'applaudissements.
La clôture des Travaux, lé fut ensuite prononcée et leur reprise renvoyée à la Tenue spéciale du 9 juin. Celle-ci eut lieu à 8 h et demi du soir au jour indiqué, et après tuilage régulier.
PROCES-VERBAL DE LA TENUE SPECIALE DU 9 JUIN 1908,
présidée par le T:.Ill:.F:.TEDER, 33° – 90° – 95°; Inspecteur Général du Martinisme en Angleterre ;  Membre de l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix ; Délégué de l'Ordre des Rose-Croix Ésotériques ; etc. 
Le F:. TEDER présidait. Après avoir ouvert les Travaux, il remer­cia tout d'abord les FF:. délégués d'être venus en si grand nombre pour participer à l'œuvre du F:. Dr. PAPUS ; il eut un mot aimable pour chacun d'eux et il ajouta :
  • Je vous présente à tous le salut fraternel et l'assurance de la sympathie pro­fonde de notre Président d'honneur, l'Ill:. F:. John YARKER, Grand Maitre Général du Rite Ancien et Primitif pour l'Angleterre et l'Ir­lande, dont j'ai l'honneur d'être, pour aujourd'hui, le Substitut en France. Seul, le grand âge de notre vénérable ami, qui fut le camarade et le compagnon d'armes de l'Ill:. F:. Joseph GARIBALDI et de l'Ill:. F:. Joseph MAZZINI, l'a empêché de venir prendre part aux Travaux du Convent, mais il m'a chargé de vous dire qu'il était de cœur parmi vous...
Il prononça ensuite un discours que nous devons nous abstenir de publier, car si tout peut être dit quand le Temple est couvert, tout ne peut pas être rapporté au dehors. 
Nous nous bornerons donc à quel­ques citations que rien ne nous em­pêche de donner :
  • Un Maçon, a dit le F:. TEDER, doit s'évertuer à étudier ce qu'on appelle la science occulte, science qui – comme le constatait fort bien autrefois le F:. Ragon – révèle à l'homme les mystères de sa nature, les secrets de son organisation, les moyens d'atteindre à son perfectionnement et au bonheur, enfin l'arrêt de sa destinée.
Cette étude fut celle des hautes initiations égyptiennes ; et si, du temps du F:. Ragon, elle fut reconnue nécessaire, croyez bien que rien n'est changé aujourd'hui et qu'elle n'est pas moins indispensable qu'autrefois... »
Puis encore :
Il y a, en Maçonnerie comme en religion, un exotérisme et un ésoté­risme à l'étude desquels chacun de nous doit s'appliquer, s'il veut arri­ver à la découverte de la vérité éparpillée dans la diversité des cul­tes, des écoles, des classes, des de­grés, et qui devient Une pour celui qui, après avoir passé les dehors, est devenu capable d'embrasser d'un coup d'œil tout ce qui se rat­tache au gouvernement du monde.
La Bible, clef de toutes les véri­tés, le jeu des nombres, les reli­gions, le magnétisme, la thaumatur­gie, la psychologie, l'astrologie, la kabbale, la magie, l'hermétisme, sont des choses qui demandent à être étudiées et méditées profondé­ment et avec patience.
La connais­sance de ces choses conduit à la connaissance du Grand-Oeuvre.
Alors on possède le secret de la transmutation ; on sait faire du cail­lou un diamant, c'est-à-dire du mal­heureux un heureux, du misérable un honnête homme, un régénéré, et du régénéré un éducateur, un apô­tre, capable d'entreprendre et de faire de grandes choses en se sacri­fiant pour le bien commun de l'hu­manité.
Le méchant seul, qui veut simplement trouver dans la science occulte les moyens de satisfaire son orgueil, ses passions, son égoïsme et de dominer son semblable, perd son temps : il fait œuvre de fou, d'imbécile, ne comprendra jamais, glissera, tombera sous la risée pu­blique, et ce sera là son châti­ment...
Ensuite, dans un autre ordre d'idées : 
  • Étant le lien invisible qui unit entre elles toutes les religions et toutes les politiques, la Franc-Maçonnerie Universelle est spiri­tualiste dans son essence. Ceux qui se détachent de ce principe et des Statuts séculaires qui le confessent, ceux-là pêchent par ignorance ou sont des sectaires et des rebelles travaillant contre le bien général. À cet égard, laissez-moi vous rappeler ce que disait autrefois un homme qu'on a beaucoup admiré dans le monde et qu'on y a même glorifié comme un apôtre et un prophète : le F:. Joseph MAZZINI.
  • Les théories politiques, disait-il, ont besoin d'une sanction reli­gieuse. La volonté universelle est une base convenable aux gouverne­ments. Mais si l'on ne met pas en évidence les principes généraux qui régissent le monde, si l'on ne les ré­duit pas en maximes, en lois recon­nues, on n'aura jamais une volonté universelle. La découverte de ces principes et leur inviolabilité, dé­duite d'une origine supérieure au pouvoir de l'individu, est justement l'œuvre de la civilisation actuelle... 
La religion et la politique sont insé­parables. Sans religion, la science politique ne peut enfanter que le despotisme et l'anarchie...
La reli­gion est le principe éducateur su­prême...
L'idéal est en Dieu ; on doit coordonner les sociétés de ma­nière à ce qu'elles se rapprochent le plus près possible de cet idéal, à ce qu'elles en réalisent la plus grande somme possible ; et sectateurs de sa loi, nous devons chercher à y conformer nos actes.
La pensée, c'est l’esprit : la traduction de cette pensée en action, en œuvres visi­bles extérieures, c'est le fait social.
Ainsi prétendre séparer entièrement les choses de la terre et celles du ciel, le temporel et le spirituel, n'est ni moral, ni logique, ni possible...
C'est sur ce principe – reprend le F:. TEDER – que reposent tous les gouvernements sensés. Je répète donc que la Maçonnerie, qui est le trait d'union invisible entre tous les cultes du monde, doit être et de­meurer le trait d'union ésotérique entre tous les partis politiques et toutes les sectes religieuses d'un même État. 
Ceci étant bien com­pris, vous devez concevoir la raison d'être et le but réel de la Maçonne­rie ; vous devez forcément com­prendre que les Maçons sont les pierres vivantes du Temple idéal dont parlait le F:. MAZZINI et que le rôle de la Maçonnerie doit se borner à celui d'éducatrice et de médiatrice...
Encore un passage à noter :
  • Sans la femme, la famille ne peut exister : sans famille, il n'y a pas de société possible. La femme est donc la collaboratrice de l’homme ; elle n'en est pas, n'en doit pas être la chose, le meuble, l'es­clave. Ici, vous comprendrez que l'œuvre de la S:. Maria DERAISME et de l'Ill:. F:. Dr. Georges MARTIN est une œuvre admirable à laquelle tous les maçons dignes de ce nom doivent donner leur appui.
  • Le Suprême Conseil Universel Mixte est un centre auquel se ratta­chent déjà de nombreuses obédien­ces étrangères dont les constitu­tions permettent ce rattachement. Or, vous le savez, l'objet du Con­vent que nous avons organisé est d'établir à Paris le centre d'une Fé­dération Universelle réunissant en un faisceau toutes les forces épar­ses de la Maçonnerie Universelle qui observent fidèlement la Loi Fon­damentale – celle du G:.A:.D:.L:.U:..
  • Laissez-moi vous dire, avant de vous donner lecture de nos vœux, que le principal de nos désirs est de ramener à nous, à la France, l'ami­tié de l'Universalité des Maçons, amitié que nous avons perdue par la faute d'une bande de sectaires, dont l'irrégularité maçonnique vous est aujourd'hui connue, et qui ont transformé la plupart des Loges Françaises en clubs politiques et en tremplins électoraux.
  • Je suis certain que pas un d'entre vous ne protestera contre cette idée. Il peut y avoir diversité d'enseigne­ments dans nos Écoles, dans nos Rites, mais tous nous sommes unis sur ce point : l'universelle Frater­nité, et non pas la Fraternité limitée aux bornes étroites d'une coterie...
  • Son discours terminé, le F:. TEDER donna lecture des vœux des organisateurs du Convent. Après une légère discussion portant sur quelques détails sans importance, la ré­solution suivante fut adoptée à l'unanimité.
 VOEUX DES ORGANISATEURS
DU CONVENT MAÇONNIQUE INTER­NATIONAL
RELATIFS À LA FÉDÉRATION MAÇONNIQUE UNIVERSELLE
Congres des Francs-Maçons Internationaux » pour l'établissement d'une « Fédéra­tion Maçonnique Universelle » sou­mise aux Anciennes Constitutions reconnaissant le G:.A:.D:.L:.U:. :
  1. La Fédération Maçonnique Universelle a pour but l'union et le progrès de tous les Rites Maçonniques qui la composent.
  2. Chaque Rite Fédéré conserve son autonomie complète, son orga­nisation intérieure et ses statuts, sans que la Fédération ait à s'en oc­cuper.
  3. Chaque Rite fédéré s'engage seulement à recevoir fraternellement les membres des autres Rites également fé­dérés et à établir des relations fraternelles avec tous les Rites de la Fédéra­tion.
  4. Pour organiser et centraliser les efforts de la Fédération Maçonnique Universelle, un Bureau Central est établi à Paris (France), sous le titre de Secrétariat de la Fédération Maçonnique Universelle.
  5. La Fédération Maçonnique Universelle groupera autour des Rites Fédérés existant dans un pays les nou­veaux éléments qui pourront être constitués.
  6. Quant aucun Rite Fédéré n'existe dans une contrée, la Fédé­ration Maçonnique Universelle se réserve le droit d'établir des formations rattachées à l'un des Rites Fédérés, sans avoir à tenir compte des pro­testations des Rites non Fédérés éta­blis dans ladite contrée.
  7. Quand un Rite Maçonnique : établi dans une contrée quelconque refuse d'entrer en relations avec la Fédé­ration Maçonnique Universelle, ladite Fédération se réserve le droit d'éta­blir dans ladite contrée des forma­tions d'un Rite Fédéré.
  8. Le Secrétariat de la Fédération exerce les fonctions suivantes : 
a) Il tient à jour le registre des Ri­tes Maçonniques faisant partie de la Fédé­ration ; Tout Rite Maçonnique possédant au moins trois Loges au moment de sa demande d'affiliation peut faire partie de la Fédération Maçonnique Universelle en adhérant simplement aux Statuts de celle-ci ; Jusqu'à nouvel ordre, l'adhésion n'entraîne aucuns frais.
b) Le Secrétariat organise des Cours et des Études sur l'Histoire, le Symbolisme et les grades de la Franc-Maçonnerie ; Ces enseignements seront ensuite écrits et communiqués aux Rites Fédérés.
 
c) Chaque Rite Fédéré prendra soin de conserver ces travaux pour son usage particulier et de ne pas les communiquer aux Rites non Fédérés. Chaque Rite Fédéré nomme, en adhérant à la Fédération, un délé­gué qui se mettra en rapport avec le Secrétariat.
d) Le Secrétariat soumettra aux écrivains Maçonniques les plus réputés chacune des questions d'instruction qui sont mises à l'étude, et il publiera au besoin l'avis de chacun de ces écrivains sur chaque question.
RESOLUTION ADOPTEE
PAR LE CONGRES DES FRANCS-MAÇONS INTERNATIONAUX
et relative à l'institution du Suprême Grand Conseil et Grand-Orient du Rite Ancien et Primitif de la
Maçonnerie pour la France et ses dépendances
LE CONGRES DE PARIS du 9 Juin 1908.
Considérant :
  1. Que des discussions se sont éle­vées depuis longtemps entre divers Rites Maçonniques qui prétendent cha­cun être réguliers et qui ne veulent pas reconnaître la régularité des au­tres Rites Maçonniques souvent de constitution très ancienne ;
  2. Que l'Histoire impartiale de la Franc-Maçonnerie prouve qu'à l'origine de chacun des Rites actuellement pratiqués dans les divers pays civilisés, il y a de tels éléments d'irré­gularité qu'aucun Rite ne peut prétendre régenter les autres à ce sujet ;
  3. Qu'antérieurement à 1690, une Maçonnerie a existé en Angleterre dont les Statuts ont été violés par les fondateurs de la Maçonnerie dite Orangiste, et, plus tard, en 1717, par les fondateurs de la Grande Loge de Londres - ce qui montre d'une manière évidente l'irrégularité de la Maçonnerie dite Orangiste et de la Grande Loge de Londres appelée Grande Loge d’Angleterre ;
  4. Qu'il est matériellement impos­sible à la Grande Loge d'Angle­terre, dont les Archives ne remon­tent pas au-delà de 1723, de prou­ver la régularité de son origine, alors que les faits historiques prou­vent, sans réplique possible, sa par­faite irrégularité au point de vue de la Maçonnerie Primitive ;
  5. Que le Grand Orient de France ne peut fournir aucun document justificatif de sa propre régularité, alors qu'il prétend que le premier Grand-Maitre, en France, fut un comte de DERWENTWATER, lequel n'a jamais eu aucun pouvoir de la Grande Loge d'Angleterre, et que le deuxième Grand-Maître fut un comte d'HARNOUESTER, lequel n'a ja­mais existé.
  6. Que par conséquent, si le Grand-Orient est fondé sur un men­songe historique, il est forcément irrégulier au premier chef ;
  7. Que le Grand-Orient de France est né, en 1773, d'une rébellion contre la Grande-Loge de France, alors soumise aux anciennes Cons­titutions ; qu'il a été organisé par des Maçons factieux chassés offi­ciellement de la Fraternité Maçonnique, et qu'il est devenu davantage irrégulier, quand, en 1877, il s'est retranché de la Maçonnerie Univer­selle ;
  8. Que si les fondateurs anglais de la Grande Loge de Londres, en 1717, se sont reconnu le droit, tout en manquant à leurs devoirs et à leurs serments antérieurs, de fonder une Maçonnerie nouvelle dite mo­derne, ce droit appartient d'autant mieux à tous ceux qui ne sont tenus par aucune obligation ;
  9. Que si le Grand-Orient de France s'est greffé sur des irrégularités et des impostures historiques, tous les hommes libres d'attaches ont le droit de fonder tel Rite Maçonnique qui leur plaît et que ce Rite sera certainement plus Régulier que celui du Grand-Orient de France.
À DÉCIDÉ, à l'unanimité de ses membres, de constituer à Paris, un Suprême Grand Conseil et Grand-Orient du Rite Ancien et Primitif de la Maçonnerie pour la France et ses dépendances, d'accepter du Souverain Sanctuaire et Grand-Orient de Berlin la Patente consti­tutive, et d'établir un Bureau cen­tral sous le titre de Secrétariat de la Fédération Maçonnique Univer­selle.
Paris, ce 9 juin 1908, E:. V:. (sc. Ère Vulgaire)
Après le vote, cette Résolution fut transcrite, sous forme de procès-verbal, dans le Livre d'Or du Grand-Maitre Général du Sou­verain Sanctuaire du Grand-Orient de Berlin, présent au Convent.
 
Trois 33° et onze 30° signèrent ce document qui appartient désor­mais à l'histoire (1) Les FF:. PAPUS, REUSS, TEDER, 33°, et les FF:. BROUILLOUX, BIAGINI, BEAUDELOT, BLANCHARD, SCHMIDT, GASTIN), DACE, DESJOBERT, PHANEG, et GA­BIN, tous 30°.
Une autre Résolution fut égale­ment adoptée à l’unanimité ; la voici :
VŒUX COMPLEMENTAIRES
Le Convent maçonnique des Ri­tes spiritualistes, réuni à Paris le 9 juin 1908, a émis les vœux sui­vants qui, après discussion, ont été adoptés à l'unanimité :
  1. À la suite des divulgations qui ont été faites dans le monde pro­fane, il est utile d'ajouter un nou­veau signe aux signes habituels de reconnaissance maçonnique ;
  2. Il est utile de changer le titre des grades maçonniques à partir du 25ème degré du Rite Ecossais, afin de les adapter à la vie contemporaine sans rien modifier au symbolisme ;
  3. Une commission sera nommée ayant pour but l'étude détaillée et la mise au point du 32ème degré du Rite Ecossais considéré sous le ca­ractère de grand constructeur so­cial.
  4. Le Secrétariat de la Fédération Maçonnique Universelle se mettra en rapport avec tous les Rites affi­liés, à l'effet d'établir une échelle officielle de correspondance des grades maçonniques dans tous les Rites.
L'Ordre du jour étant épuisé, une triple Batterie d'Allégresse salua les FF:. délégués et les organisateurs du Convent, et la clôture des Travaux fut prononcée.
Ajoutons que, les 23 et 24 Juin, le Souverain Sanctuaire et le Grand-Orient de Berlin tint deux assemblées à l'effet d'examiner la question que lui soumit son Grand-Maitre Général relativement à la première résolution votée par les membres du Convent.
À l'unanimité des membres actifs de cette Puissance Maçonnique étrangère, la décision fut prise d'ac­corder aux signataires du procès-verbal porté au Livre d'Or, la Pa­tente constitutive d'un Suprême Grand Conseil Général des Rites Unis et Grand-Orient pour la France et ses dépendances.
Cette patente a été signée et scel­lée le 24 juin à Berlin.
D'autre part, le F:.TEDER, 33°, a été nommé chef du Secrétariat de la Fédération maçonnique Univer­selle.
Les deux conférences alléguées plus haut, chacune à sa place chronologique, sont éditées ensuite. Pour mémoire, la première, par TEDER, déclare « l’irrégularité du Grand Orient de France » ; en fait, l'irrégularité de la franc-maçonnerie moderne, depuis la fon­dation de la Grande Loge de Lon­dres et les constitutions dites d'Anderson.
Ce n'est point de la bonne histoire, ni quant à la maçonnerie britannique ni quant à la maçonne­rie française. Mais la revendication du caractère ésotérique de l'Ordre ne laisse pas d'émouvoir et, un peu obscurément, frappe juste. De même, à première vue, l'hypothèse que l'ancienne maçonnerie servait mieux que la nouvelle, tradition et initiation.
Hélas, TEDER, s'il n'avait pas tort de dénoncer la « voie subs­tituée » avant la lettre, où le Grand Orient de France (mais aussi la Grande Loge de France d'alors qui avait refusé le mage PAPUS), s'était engagée, méconnaissant la nature essen­tiellement traditionnelle et initiati­que du noachisme instaurateur de la Franc-Maçonnerie Andersonienne. (De nos jours encore, on s'y trom­pe).
De l'ésotérisme, voire du spiri­tualisme, en revanche, la Sœur GÉDALGE, déléguée par le chapitre mixte de chevaliers Rose-Croix du 18ème degré, se démarque. Sa com­munication porte la parole du « D­roit Humain » et du Droit Hu­main, en sa branche française, c'est-à-dire privé de ses éléments théosophiques originels.
Ailleurs, au fil du compte rendu, le Convent se glisse : allusions dans les actes du Congrès spiritualiste proprement dit, anecdotes recueil­lies dans les articles de journaux. En corrélation, relevons la tenue blanche organisée par la loge le Sphinx de l'Ordre martiniste, et la tenue de la Grande Loge swedenborgienne ; et, plus encore peut-être, le « toast » de l'Ill:.F:.P:.R:., Grand-Maître du Grand-Orient de Berlin. Ne serait-ce pas le person­nage clef ?
Avant le Congrès spiritualiste, d'autres congrès avaient illustré le même genre. D'autres, après lui, eurent lieu ; ils furent tous de moin­dre ampleur ou plus spécialisés ; sans filiation historique avec celui de 1908, qui était l'Oeuvre, le triom­phe de Papus et des siens. (Le dé­clin n'allait pas tarder).
Après le Convent maçonnique, d'autres essais seront tentés d'établir une fédération des ordres et sociétés initiatiques : FUDOSI, FUDOFSI (7). Plus d'un demi-siècle aura passé et il n'est pas im­probable que l'entreprise de 1908 ait servi sinon de modèle, au moins d'inspiration.
Au vrai, la différence des titres est significative. Le Convent maçon­nique des rites spiritualistes fut sur­tout maçonnique. Certes, des socié­tés d'initiation y ont participé qui ne relevaient pas de la Franc-Maçonnerie : l'ordre des Rose-Croix Ésotériques, l'Ordre Martiniste, l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix ; l'Ordre des Illuminés d'Allemagne n'était, il n'est que paramaçonnique.
Mais l'Église gnos­tique, par exemple, partie au Con­grès spiritualiste, s'y cantonna. (Fabre des Essarts, le patriarche, sous le nom de SYNÉSIUS, y intervint afin de défendre sa légitimité et celle de sa seule Église ; c'est à l'oc­casion du congrès, ce semble, que René Guénon, l'un de ses secrétaires, après avoir travaillé dans son comité d'organisation, rencontra cette Église où il ne tardera pas à être consacré évêque).
L'évènement capital du Convent, à mes yeux, l'un de ses futurs bénéficiaires le résume ainsi.
1908 : Constitution à Paris, à la suite du Congrès Maçonnique Spi­ritualiste tenu en juin dans le Tem­ple du Rite du Droit Humain, d'un « Souverain Grand Conseil Général du Rite de Memphis-Misraïm pour la France et ses dépendances ». La Patente Constitutive est délivrée par le Souverain Sanctuaire d'Allema­gne, signée et scellée le 24 juin, à Berlin, par le Grand Maître Théodor REUSS (PEREGRINOS) qui assistait au Congrès de Paris.
Le Grand-Maître et le Grand-Maitre adjoints sont le Docteur Gérard ENCAUSSE (PAPUS) et Charles DÉTRÉ (TEDER). La Loge Humanidad, pré­cédemment rattachée au Rite Na­tional Espagnol, devient Loge-Mère pour le Rite de Memphis-Misraïm en France. (8)
Théodor REUSS (1855-1923) (9), PÉRÉGRINOS-REUSS, c'est, en effet, le grand maître du Grand Orient de Berlin, dont le nom et même le hiéronyme ne sont jamais donnés, dans notre volume imprimé, que sous la forme de leurs initiales. Sin­gulier personnage entre bien des singuliers : ancien militant socia­liste, fort ardent à propager les rites maçonniques, ou pseudo-maçonniques (mais ceci est une autre histoire), dans les premières an­nées du XXème siècle ; fondateur, avec Engel, dans des circonstances mal éclaircies, des Illuminati, comme une résurgence, selon leur inten­tion, de la société fondée au XVIIIème siècle par le Bavarois Adam WEISHAUPT, l'un des patrons de l'Ordre des Templiers d'Orient (O.T.O.). Plusieurs de ses fondations subsis­tent en Allemagne, en Suisse, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis d'Amérique.
Il avait appris, en 1901, que PAPUS avait reçu d'un autre extrava­gant, John YARKER (1833-1913), le Rite Swedenborgien, à vocation maçonnique, qu'Emanuel SWE­DENBORG n'a pas fondé, et établi à Paris une Loge de cette Obédience, INRI n° 14.
Théodor REUSS, prit langue. En retour de ses bons offices envers Papus, celui-ci consacra, ou fit con­sacrer, je ne sais, PEREGRINUS, Évê­que Gnostique.
La revue allemande de Théodor REUSS, « Oriflamme », n'en souffle mot, mais ses deux nu­méros de l'année 1908 attribuent une large place au Convent Parisien de 1908.
L'O.T.O., selon Aleister CROWLEY, qui en fut membre éminent, est une « Academia Masonica », et REUSS assista en juillet 1920, à Zu­rich, au Congrès de la Fédération Maçonnique Internationale.
Sur la même ligne des efforts de fédération, fût-ce au champ limité de la franc-maçonnerie, inscrivons un épisode de l'histoire de Memphis-Misraïm, passés le con­vent et la patente de 1908.
Papus mourut en 1916, TEDER, son succes­seur, en 1918. Mais, durant la guerre, le Rite s'était endormi. De son côté, REUSS avait succédé, en qualité de grand hiérophante, à YARKER, depuis 1913 ; il accorda, le 10 septembre 1919, à Jean Bricaud une nouvelle charte pour la consti­tution en France d'un Souverain Sanctuaire de Memphis-Misraïm. Et le 30 septembre, le Suprême Conseil des Rites confédérés des Etats-Unis lui délivre une autre charte afin d'établir en France un Suprême Conseil des Rites confé­dérés (Early Grand Scottish Rite, Memphis-Misraïm, Royal Order of Scotland, etc...)
 
Au cours de la séance de clôture du Congrès Spiritualiste, le mardi 9 juin 1908, dans l'après-midi, Victor BLANCHARD, secrétaire général du congrès, lut une proposition de Paul Edgard HEYDET, relative à une Confédération Spiritualiste Univer­selle. PAPUS enchaîna : « Plusieurs Congressistes ont émis le vœu de fonder un Secrétariat Spiritua­liste International. Cette proposition-là fut adoptée à l'una­nimité et Papus continua en an­nonçant la constitution d'un Co­mité international d'action psychi­que... Ces beaux rêves, qui en appe­laient non seulement à toutes les Sociétés Occultistes, Maçonniques ou non, mais encore aux individua­lités, semblent n'avoir eu aucune suite.
Seul, un article signé par Papus, le 30 novembre 1909, dans « Ori­flamme » de décembre 1909 (et re­produit dans l'Initiation de janvier 1910) appelle aux « actes » sous le titre : « Secrétariat Maçonnique In­ternational (Union des Rites maçonniques) ». Mais d'actes, point.
De même, l'année 1908 qui de­vait être la première d'une série de congrès spiritualistes (à en croire le titre d'une circulaire dans le Voile d'Isis) sera aussi la dernière : le congrès n'aura pas de second.
NOTES 
  1. Ésotérisme et christianisme au­tour de René Guénon, Paris, N.E.L., 1981, page 97.
  2. Dans nos extraits, l'orthogra­phe originale a été respectée ; la présentation aussi, notamment l'usage abusif des capitales initiales et des abréviations maçonniques. Quelques coquilles ont été corri­gées. Des titres pris à la table des matières ont été ajoutés comme in­tertitres. 
  3. Congrès spirite et spiritualiste international, 9-16 septembre 1889, Librairie spirite, 1890. Voir Papus, « Congrès Spirite et Spiritualiste International, (Paris, 1889) « L'Initia­tion », octobre 1889, pp. 1-24. En corrélation (et dans une même coïncidence avec l'exposition uni­verselle de 1889) : Congrès inter­national de 1889. Le magnétisme humain appliqué au soulagement et à la guérison des maladies. Rap­port général d'après le compte rendu des séances du Congrès, Pa­ris, G. Carré, 1890. (Un seul occul­tiste parmi les intervenants : Oswald WIRTH !). Déjà ce congrès aurait dû entrainer, selon l'espoir de ses organisa­teurs, une fédération des sociétés occultistes. Papus, dans L'Initia­tion d'avril 1889, évoque une possi­ble coordination de leurs journaux et il ajoute :  Le groupement de tous ces organes devrait être le pré­lude du groupement de toutes les sociétés vers un but commun, mais qui pourra réaliser cette union ? Il appartient à la Providence de le dé­cider ». Et cette note en bas de page : Un pas immense vient d'être réalisé pour ce groupement. Après une entente entre tous les groupes spirites, il a été décidé qu'un comité exécutif formé d'un délégué au moins et de trois au pl' de tout groupe spiritualiste (théosophique, kabbaliste, spirite, etc...) serait formé. Ce comité exécutif pré­parera le grand congrès spiritua­liste qui sera tenu à Paris, le 1er septembre. La réunion du comité aura lieu, 1, rue de Chabanais, le mercredi 24 avril. S'adresser pour tous renseignements à M. Leymarie, à cette adresse. (Page 18).
  4. Voir notre article dans l'Autre Monde, n°77 : Démonstration de l'archéomètre par PAPUS.
  5. Hiram, au premier chef (direc­teur PAPUS, rédacteur en chef TEDER), mais aussi l'Initiation, et par­fois le Journal du Magnétisme (di­recteur Henri DURVILLE) ont fourni sur le congrès de 1908, tant avant qu'après la réunion, des renseigne­ments généralement identiques à certains de ceux que procurait le Voile d'Isis.
  6. Le Temple du Droit Humain était, à l'époque, sis, 51, rue du Cardinal Lemoine, Paris, Vème (R.A.)
  7. Voir Serge Caillet, Sâr HIERONYMUS et la FUDOSI, Paris Cariscript, sous presse, (sur la FUDOSI ; notre préface esquisse l'aventure de la FUDOFSI).
  8. Voir Jean Bricaud, Notes histori­ques sur le Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm, nouvelle édition, Lyon, Annales initiatiques, 1938, page 11. Le même auteur rappelle (ibid.) qu'en 1902, John YARKER était devenu Grand Hiérophante du Rite de Memphis-Misraïm et que le Souverain Sanctuaire d'Angleterre, dont il était Grand Maitre, avait constitué un Souverain Sanctuaire pour l’Allemagne : Grand Maitre, Theodor REUSS. Une exacte histoire de Memphis-Misraïm reste à écrire. Même BRICAUD, susnommé, n'est pas toujours sûr.
  9. Sur le personnage et son acti­vité touffue, Ellic HOWE et Helmut Malec, « Theodor REUSS : Irregular Freemasonry in Germany, 1900­-23 », Ars Quatuor Coronatorum 1978, vol. 91 (1979), pp. 28-46.
Robert AMADOU – 1985